L'appropriation de soi par soi : l’oïkeiôsis
Oïkéiosis (en grec ancien οἰκείωσις) est un concept par lequel l’être vivant s’appartiendrait. Que l’être s’appartient signifie qu’il ne passerait pas à côté de lui-même, et « saisirait son être comme le sien propre ». On le traduit par « apparentement » ou encore « appropriation ».
Source Wikipédia : Oïkéiosis
Selon Plutarque, c’est la « sensation et la saisie de ce qui est propre à soi-même. »
Plutarque, De Stoicorum repugnantiis, 12, 1038c
L’oïkéiosis selon les stoïciens :
« L’appropriation est le nom donné à la tendance innée par laquelle l’animal discrimine entre ce qui est propre (oikeion), c’est-à-dire sa constitution et ce qui convient à celle-ci en concourant à la préservation de son être, et ce qui lui est étranger, synonyme de nuisible ou d’hostile. Elle comporte une double dimension, perceptive et pratique : la perception du propre est solidaire d’une impulsion, c’est-à-dire d’un mouvement actif de recherche, tandis que la rencontre de l’étranger suscite à l’inverse une réaction de rejet, de fuite. Le propre (oikeion) et l’étranger (allotrion) désignent ainsi ces valeurs vitales qui régissent le rapport de l’animal à lui-même et à ce qui l’entoure, déterminant ses comportements sélectifs. Cette polarité structure le mécanisme de l’appropriation dans son double mouvement (impulsion/répulsion), rendant raison des conduites vitales élémentaires de l’animal. »
Charlotte Murgier – La part du propre (oikeion) dans la constitution du concept stoïcien d’appropriation (oikeiosis)
« L’oikeiōsis (dans le latin de Sénèque ‘conciliatio’), cette pratique de préserver ce qui est approprié à soi, est une pratique d’essentialisation : pour chaque chose, il y a quelque chose qui la constitue, ce qui fait que cette chose est la chose qu’elle est, c’est cela que l’on perçoit de soi et ce qu’on œuvre à préserver. »
Bronowski, Ada (2021), «Stoïcisme (A)», dans Maxime Kristanek (dir.), l’Encyclopédie philosophique, consulté le 15 Novembre 2022
Interprétation de l’oïkéiosis par ledomainedesoi :
Ces différents extraits montrent l’existence de relations étroites entre l’oikeiōsis et « ce qui nous est propre », et donc également avec la notion de « soi-même » telle que nous la comprenons.
Les définitions de l’oikeiōsis mettent ainsi en lumière un double mouvement d’appropriation de/du soi-même :
– s’approprier notre soi-même en s’efforçant d’en percevoir la nature, ou autrement dit en saisissant ce qui constitue notre caractère propre et singulier ;
– rechercher dans notre environnement ce qui est lui apparenté, et se l’approprier.
Plutarque (vers 46-vers 125)
Philosophe, biographe, moraliste et penseur de la Rome antique
Charlotte Murgier (1980-)
Agrégée et docteur en philosophie,
Maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Ada Bronowski
Philosophe
Chercheuse à l’Université de Cambridge et à l’IEA de l’Université de Strasbourg
Essayiste
Bonjour,
Comment vous portez-vous ?
Un grand merci pour votre démarche qui m’a bien aidé à sortir un vieux gosse capricieux et haineux de son emboucanement personnel.
J’ai éclairci la singularité qui m’ai propre, ce qui m’a permit d’enfin comprendre la finesse des Saint Évangiles.
Bienveillamment bernard debut, soyez bénis pour vos travaux qui nous permettent d’être en lumière de SOI.