Notre soi-même est la connaissance du meilleur de nous-même

Notre soi-même est la connaissance du meilleur de nous-même

« Comment pourrions-nous savoir le plus clairement possible ce qu’est « soi-même » ?

Par les dieux, cette heureuse parole de l’inscription delphique que nous rappelions à l’instant – « Connais-toi toi-même » –, ne la comprenons-nous pas ?

Examine la chose avec moi. Si c’était à notre regard, comme à un homme, que cette inscription s’adressait en lui conseillant : « regarde-toi toi-même », comment comprendrions-nous cette exhortation ? Ne serait-ce pas de regarder un objet dans lequel l’œil se verrait lui-même ?

N’as-tu pas remarqué que, lorsque nous regardons l’œil de quelqu’un qui nous fait face, notre visage se réfléchit dans sa pupille comme dans un miroir ?

Donc, lorsqu’un œil observe un autre œil et qu’il porte son regard sur ce qu’il y a de meilleur en lui, c’est-à-dire ce par quoi il voit, il s’y voit lui-même.

Eh bien alors, l’âme aussi, si elle veut se connaître elle-même, doit porter son regard sur une âme et avant tout sur cet endroit de l’âme où se trouve l’excellence de l’âme, le savoir, ou sur une autre chose à laquelle cet endroit de l’âme est semblable. »

Platon – L’Alcibiade 132c-133b (extraits)

Interprétation proposée par Nicolas Quérini :

« Dans la pupille d’autrui, ce n’est pas moi-même que je vois mais ce que je pourrais devenir à la faveur d’une transformation de moi-même. (…)

Le véritable soi-même est l’accomplissement de ce dont nous devons justement prendre soin. (…)

C’est donc le résultat qu’il s’agit en définitive de connaître et non seulement le point de départ. (…)

Je dois avoir la connaissance ou au moins soupçonner le type d’âme que je dois devenir pour être en mesure de prendre soin de mon âme en ce sens, de lui donner la direction qu’il faut. C’est dans une certaine mesure ce que l’on peut retrouver avec la notion de modèle, de ce modèle qui me permet de me projeter vers un autre soi qui est déjà présent en moi de sorte que la connaissance de soi vise ici un horizon et non un état présent. (…)

Nous devons donc saisir finalement la destination, voire le destin propre à notre âme (…).

Pour être capable de se connaitre comme soi, il faudrait donc se connaitre dans son individualité propre (…). »

Nicolas Quérini –Extraits de sa conférence : « De la connaissance de soi au soin de soi dans l’Alcibiade de Platon – aller et retour ? »

Platon (428/427 av. J.C. – 348/347 av. J.C.)

Philosophe grec antique

Nicolas Quérini (1983- )

Professeur agrégé et Docteur en philosophie

Découvrir notre soi-même afin de se rendre soi-même meilleur

Découvrir notre soi-même afin de se rendre soi-même meilleur

Socrate : « L’art de se rendre soi-même meilleur, pourrions le connaître, sans savoir ce que nous sommes ?

Seulement, est-ce une chose facile de se connaître soi-même ?

Et celui qui a mis cette inscription au temple de Delphes était-il le premier venu ? Ou bien est-ce une tâche difficile qui n’est pas à la portée de tous ?

Mais qu’elle soit facile ou non, nous sommes toujours en présence de ce fait : en nous connaissant nous-mêmes, nous pourrions sans doute connaître la manière de prendre soin de nous-mêmes ; sans cela, nous ne le pourrions pas.

Mais, dis-moi, comment pourrait être trouvé ce soi-même lui-même ?

Car peut-être ainsi trouverions nous ce que nous sommes nous-mêmes, alors qu’en restant dans l’ignorance de cela, nous en serons à mon avis incapables. »

Platon – Alcibiade, 128e-129b

Synthèse proposée par le domainedesoi :

Prendre soin de soi-même, c’est se rendre soi-même meilleur.

Pour connaître l’art de se rendre soi-même meilleur, il est nécessaire de se connaître soi-même.

En effet, on ne peut prendre soin de nous-mêmes, si nous ne nous connaissons pas.

Et pour se connaître soi-même, il est nécessaire de trouver notre soi-même.

Platon (428/427 av. J.C. – 348/347 av. J.C.)

Philosophe grec antique

Le meilleur de soi est une chose à être et à exprimer

Le meilleur de soi est une chose à être et à exprimer

« Le meilleur de soi représente notre essence. Et notre essence se compose de nos goûts profonds, de nos talents, de nos qualités, de nos dons et de nos aptitudes. Le meilleur de soi n’est pas une chose à atteindre, c’est une chose à être et à exprimer. Il nous invite à utiliser nos talents pour nous transformer et pour transformer le monde. Cette expression nous remplit de joie parce qu’elle nous permet de goûter à l’adéquation fondamentale de notre essence avec la nature universelle. Nous nous percevons alors comme une expression particulière de cette nature. Cette essence individuelle est celle-là même qui nous permet de de goûter à l’universalité, celle qui nous permet de savoir que le monde entier est nôtre et que nous pouvons nous y détendre et nous y reposer. »

Guy Corneau – Le meilleur de soi : le rencontrer, le nourrir, l’exprimer

Guy Corneau (1951-2017)
Analyste jungien et écrivain canadien

Notre individualité profonde, avec nos goûts et nos talents

Le meilleur de soi symbolise notre individualité profonde, avec nos goûts et nos talents

« Le meilleur de soi symbolise notre individualité profonde, avec nos goûts et nos talents, avec notre façon unique de nous inscrire dans l’existence. Il est ce que nous sommes réellement, notre je suis véritable, celui que nous aurons besoin de reconnaître et de manifester dans la vie si nous voulons connaître un bonheur durable. »

Guy Corneau – Le meilleur de soi : le rencontrer, le nourrir, l’exprimer

Guy Corneau (1951-2017)
Analyste jungien et écrivain canadien

Tourne ton regard vers la meilleure partie de toi

Tourne ton regard vers la meilleure partie de toi

« Tourne ton regard vers le bien véritable, sois heureux de ton propre fonds.
Mais ce fonds, quel est-il ?
Toi-même et la meilleure partie de toi. »

Sénèque – Lettres à Lucilius, 23, 6


Sénèque (entre 4 av. J.C. et 1 apr. J.C. – 65 apr. J.C.)
Philosophe de l’école stoïcienne, dramaturge et homme d’État romain

Exprimer le meilleur de soi-même

Exprimer le meilleur de soi-même

« Chacun de nous veut exprimer le meilleur de lui-même. Chacun aspire à être vrai. Nous ne désirons pas seulement toucher à notre vérité, nous cherchons aussi à la manifester et à la dire. »

Guy Corneau – Le meilleur de soi : le rencontrer, le nourrir, l’exprimer

Guy Corneau (1951-2017)
Analyste jungien et écrivain canadien

Le meilleur de soi représente notre essence

Le meilleur de soi représente notre essence

« Et notre essence se compose de nos goûts profonds, de nos talents, de nos qualités, de nos dons et de nos aptitudes.
Le meilleur de soi n’est pas une chose à atteindre, c’est une chose à être et à exprimer.
Il nous invite à utiliser nos talents pour nous transformer et pour transformer le monde. Le meilleur de soi est l’outil avec lequel nous réalisons notre mandat de vie : ce que nous sommes venus faire sur terre. »

Guy Corneau – Le meilleur de soi : le rencontrer, le nourrir, l’exprimer

Guy Corneau (1951-2017)

Analyste jungien et écrivain canadien

Obtenir le meilleur de soi-même

Obtenir le meilleur de soi-même

« Si vous adorez faire quelque chose, vous êtes constamment tenté(e) de vous améliorer.
Tout comme vous vivez dans deux mondes, vous êtes d’une manière générale soumis(e) à deux types de motivation : externe et interne.
Il se peut que vous fassiez une chose parce que le monde environnant l’exige – cela vous permet de payer les factures, de résoudre un problème pratique, ou cela vous est imposé par votre travail ou vos études.
Ou bien parce qu’une forte motivation interne vous anime – cela vous procure joie, plaisir ou épanouissement. Nous donnons le meilleur de nous-même quand nous avons de profondes motivations internes.

Vous vous épanouirez difficilement si vous n’accomplissez pas ce qui est important pour vous. Faire quelque chose « pour votre bien » vous sera rarement bénéfique si cela vous amène à être en dessous de ce que vous êtes réellement.

On obtient le meilleur de soi-même quand on trouve son Élément. »

Ken Robinson – Trouver son Élément

Ken Robinson (1950-2020)

Auteur, orateur et expert britannique en éducation