Reconnaître son naturel

Reconnaître son naturel

« Quand tu disais que celui-ci était bien doué pour quelque chose, et pas cet autre, voulais-tu dire que le premier apprenait cette chose facilement, et l’autre difficilement ?  Et que le premier, sur la base d’un court apprentissage, serait apte à découvrir beaucoup dans le domaine où il aurait appris, tandis que l’autre, même après avoir bénéficié d’un long apprentissage et d’une longue pratique, ne saurait même pas conserver en lui ce qu’il aurait appris ? Et que chez le premier les fonctions du corps se mettraient au service de la pensée de façon satisfaisante, tandis que chez l’autre elles s’y opposeraient ? Userais-tu d’autres critères que de ceux-là pour distinguer dans chaque cas celui qui est doué, de celui qui ne l’est pas ? (…)

Il n’y a donc, mon ami, aucune occupation des gens qui administrent une cité qui revienne à une femme parce qu’elle est femme, ni à un homme parce qu’il est homme, mais les natures sont pareillement réparties dans les deux ordres d’êtres vivants. (…)

Je crois qu’il existe telle femme douée pour la médecine, et telle qui ne l’est pas, telle femme douée pour les Muses, et telle autre étrangère aux Muses, tout cela par nature. (…)

Donc aussi bien chez les femmes que chez les hommes existe le même naturel adapté à la garde de la cité. »

Platon – La République, Livre V, 455b-456a

Platon (428/427 av. J.C. – 348/347 av. J.C.)

 

Philosophe grec antique

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